Pack the silence

For the vast majority of us, silence is associated with speech. The great philosophers such as Kant, Dostoyevsky, Heidegger or Freud all started from speech to explain silence. They could have associated silence with music, with the noise pollution of cities or with the primal cry of the just born child. They chose speech. But the reverse is just as interesting, namely to explain speech through silence.

There are diseases of silence. The psychotics who are abandoned in a dark, deaf and dumb bubble. The one that concerns people who hear nothing else. Deaf people. And the one that concerns people like me who hear a very high-pitched, permanent noise that only I can hear. Silence has been stolen from us.

For a visual artist it’s a challenge. The representation of silence. For me it’s mostly a kind of therapy, in the sense that I try to express something more, something elusive. By wrapping the silence I offer myself the possibility to represent it in my own way, with the handicap I have.

And when I finish a painting I feel like I’m taking back what was stolen from me.


Emballer le silence

Pour la grande majorité d’entre nous, le silence est associé à la parole. Les grands philosophes tels que Kant, Dostoïevski, Heidegger ou Freud, tous sont partis de la parole pour expliquer le silence. Ils auraient pu associer le silence à la musique, à la pollution sonore des villes ou au cri primal de l’enfant qui vient de naître. Ils ont choisi la parole. L’inverse est tout aussi intéressant, à savoir d’expliquer la parole par le silence.

Il y a des maladies du silence. Celle des psychotiques qui sont abandonnés dans une bulle sombre, sourde et muette. Celle qui concerne les gens qui n’entendent que ça. Les sourds.
Et celle qui concerne les gens qui comme moi entendent un bruit très aigu et permanent que l’on est seul à entendre. On nous a volé le silence.

Pour un artiste plasticien c’est un défi. Celui de la représentation du silence. Pour moi c’est surtout une sorte de thérapie, en ce sens que j’essaye d’exprimer quelque chose en plus, un truc insaisissable. En emballant le silence je m’offre la possibilité de le représenter à ma manière, avec le handicap que j’ai.

Et quand je termine une toile j’ai la certitude de reprendre ce qu’on m’avait volé.