Sur le bateau ce matin, les gens sont hirsutes. La plupart ont mal dormi à cause de la tempête ou des conditions d’hébergement précaire. Beaucoup dorment n’importe où, à même le sol ou sur les tables du bar. Il y a un laissé aller généralisé, accepté de tous. Rien n’a plus d’importance que d’arriver au port. Retrouver Palerme, l’exubérance, la chaleur, le bruit, les fêtes et les odeurs. Retrouver la terre ferme, ne plus voir la mer que comme le véhicule qui nous a mené là.

Distribution de transat sur le pont supérieur. Il n’y en aura pas pour tout le monde je le crains. Hier à cause des mouvements de tangage du bateau et du vent soutenu, certains transat glissaient sur le pont formant comme une danse de patineurs artistiques. Glissement dans un sens puis dans l’autre, empilement devant l’escalier, puis dispersion aléatoire vers les extrémités.

Les enfants roi sont là, occupés par leurs activités habituelles sous l’œil bienveillant des adultes. Ils ont mis leurs maillots de bain fluo pour être à l’aise. On a ressorti les tongues, les sacs de plage et les essuies de bain. Une petite fille passe devant moi. D’une main elle tient quelques chips et de l’autre une sucette chupa chups. C’est l’abondance liée à la jouissance des vacances.