Deux fois par jour un type remonte la via Victorio Emanuele avec des haut parleurs hyper puissants qui déversent de la musique techno. On l’entend venir de loin et quand il passe à ma hauteur la musique va tellement fort qu’on se demande si quelqu’un va l’arrêter. Mais non, tout le monde s’en fout. Le bruit fait partie de la vie de Palerme.
Mais l’autre jour un type pleurait au téléphone dans ma rue. Un torrent de larme. Il s’agissait sans doute d’une rupture extrêmement douloureuse. Et alors que les gros cubes laissaient entendre le vrombissement effroyable de leur moteur et que ça klaxonnait dans tous les sens à cause d’un déménagement sur la via, un type a ouvert sa fenêtre pour faire chhht. Et comme l’autre continuait à geindre, un autre gars lui a gueulé dessus pour qu’il dégage. Il y a donc le bruit acceptable, celui que l’on ne peut pas éviter du fait de la connerie des autres. Et puis il y a le bruit insupportable et évitable du type qui chiale. Et enfin il y a le type qui fout la musique à fond sur son vélo avec une régularité métronomique, pour mettre l’ambiance.